A la découverte de la maison Demets à Moucron

Voici l’e-mail qui est parvenu début juin à la rédaction de Notarius.

« Je me permets de vous envoyer cet e-mail pour vous demander s’il serait possible de réaliser un article dans les prochaines éditions de la revue pour le notariat afin d’évoquer une nouvelle étude notariale dont Maître STORME a fait l’acquisition récemment.

L’objectif serait donc d’évoquer cette demeure néogothique de la fin du 19ème siècle reconvertie en étude à Mouscron, Rue Léopold,49.» Olivier Scaillet

Rendez-vous est pris et, un mois plus tard, je débarque à Mouscron.

Un très beau bâtiment néogothique se dresse devant la petite cour où je viens de me garer. Voici ma destination en ce début de juillet pluvieux.

Je suis accueillie par Céline, l’une des collaboratrices de l’étude d’Aurélie Storme. Je patiente un instant dans la salle d’attente que je découvre avec beaucoup de curiosité.  On se croirait dans un hôtel de ville au regard des peintures en forme d’armoiries. J’apprendrai lors de l’interview que les peintures sont signées Cracco (Ernest Cracco, né le 23 août 1864 et mort le 22 janvier 1944 à Mouscron, est un peintre de chevalet et de composition murale belge) qui s’est aussi chargé de l’hôtel de ville de Mouscron.

Une certaine sérénité se dégage du lieu. Aucun doute : ce bâtiment recèle une ou même des histoires.

Lors de ma contemplation, une jeune femme, sourire aux lèvres, s’approche de moi avec énergie en me tendant la main. Voici Aurélie Storme, le notaire.
Elle m’entraine dans son bureau où elle m’invite à profiter de la vue sur un magnifique jardin. Même si le temps n’y est pas, on peut apprécier les efforts fournis par les propriétaires pour en faire un lieu serein et apaisant.

Le notaire me confirme qu’ « en période estivale, moi-même et mon mari consacrons du temps à l’entretien des plantes, arbustes  et pelouse du jardin. C’est un moment de détente, une pause utile durant une journée bien remplie ».
Aurélie Storme m’explique comment elle a atterri ici. « Je n’étais absolument pas prédestinée au notariat. Ma famille ne comptait aucun notaire ni même un juriste. D’après mes proches, je n’arrêtais pas de répéter depuis toute petite que je voulais être ‘juge pour enfants’. Mon père étant commissaire de police, mon choix s’est tout naturellement porté vers le droit. J’étais très attirée par tout ce qui touchait au droit familial et j’ai décidé d’effectuer mes stages dans une étude notariale. Originaire de Comines, j’ai eu la possibilité de commencer comme stagiaire chez le notaire Busschaert. Mais c’est finalement le notaire Barbier à Braine-l’Alleud qui m’a accueillie pour mon deuxième stage au bout duquel j’ai été engagée. J’y suis restée 5 ans et demi. »

En janvier 2011, Aurélie Storme apprend que l’étude du notaire Busschaert est vacante. Elle décide de postuler pour la place, mais elle apprend qu’il y a déjà 3 autres candidats de la région. Enceinte de sa première fille et habitant très loin à l’époque, elle n’ose finalement pas tenter sa chance. En apprenant au bout d’un an qu’il n’y a toujours pas de repreneur pour l’étude, elle décide de retenter sa chance et la voilà, depuis janvier 2011, à la tête de sa propre étude.

« Je connaissais bien la région, l’équipe et le notaire. La transition n’a donc pas été trop difficile. Malheureusement, il manquait de place dans l’étude. Au bout de quelques temps, j’ai estimé qu’il nous fallait un lieu plus spacieux et confidentiel. Ce que mon mari et moi avons finalement trouvé à quelques maisons à peine de l’ancienne étude. »

« Cette maison a une âme », me confie le notaire Storme. « Elle a été construite en 1894 par la famille de brasseurs Demets sous la houlette de l’architecte Jules Carette et elle a appartenu à quatre générations. Il fut un temps où pas moins de 50.000 bouteilles furent entreposées dans les caves de la demeure. D’ailleurs, quelques exemplaires poussiéreux y sont encore conservés. » La famille Demets-De Brabandere eut treize enfants, ce qui fait qu’ils se sont parfois retrouvés à dix-huit personnes à habiter les lieux si on y rajoute une couturière, un jardinier et une femme à journée qui comptaient parmi les domestiques de la demeure.

Celle-ci a été très bien conservée par ses anciens propriétaires. « Nous n’avons pas dû faire de gros œuvres. Mise à part la remise en conformité de l’installation électrique et l’aménagement du garage en bureau paysager où s’est réfugiée l’équipe notariale, presque tout est resté d’origine.  Je voulais éviter de compartimenter mes collaboratrices. J’estime que c’est essentiel pour assurer le suivi des dossiers et développer une bonne ambiance et une agréable convivialité entre nous ».

Et apparemment, tout le monde a l’air de s’y plaire. C’est ce que me confirme aussi Patricia, au service de l’étude depuis 15 ans. Derrière elle trône une immense bibliothèque, alors qu’elle-même a une vue sur le jardin.

Elle m’avoue qu’elle était ravie de voir arriver Aurélie Storme. « Surtout que nous la connaissions déjà, suite à son stage. J’avoue que c’est même moi qui ai insisté auprès de l’épouse du prédécesseur pour reprendre contact avec Aurélie afin de voir si elle était intéressée. Le notaire Storme est très ouverte et très attentive à nos problèmes. Elle attache aussi une grande importance à l’ambiance au sein de l’équipe. Et je peux affirmer fièrement que nous n’avons jamais eu une seule dispute entre nous. » Déclarations confirmées par Cécile, 21 ans d’ancienneté, Céline, 10 ans, et Hélène, fraichement arrivée voici 1 an.
Le seul homme de l’équipe, Olivier Scaillet, est là depuis deux ans. Il s’agit de l’époux d’Aurélie. Originaire de Namur, économiste de formation, Olivier a décidé de suivre son employeur et leurs deux petites filles à Mouscron. Entouré de toutes ses femmes, il se charge, entre autres, de la comptabilité de l’étude qu’Aurélie avait reprise à sa charge lors de son entrée en fonction.

Le notaire Storme semble mener de main de maître vie de famille et vie professionnelle. « Alors qu’un homme aura plus tendance à rester tardivement au travail, je préfère pour le moment couper la soirée pour me retrouver entourée de mes enfants. Nos deux petites filles, de 4 ans et de 18 mois, méritent actuellement toute notre attention à mon mari et moi-même. Par contre, une fois qu’elles sont couchées, il n’est pas rare que je me replonge dans mes dossiers, y compris les week-ends. »

Enfin, Aurélie m’explique en riant qu’au moins une fois par semaine, un client lui demande comment il doit l’appeler, Madame, Maître ou …. (certains osent parfois) maîtresse. « Je préfère que les clients m’appellent madame. Je suis avant tout une femme, notaire, maman comblée d’Eloïse et de Zoé et épanouie dans mon travail passionnant ». _

Texte : Isabelle Van Lint – Photos : Emmanuel Crooÿ

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