Grâce aux notaires, le verger devient solidaire

Un jardin potager cultivé pour et par les familles défavorisées de la banlieue de Charleroi, c’est le projet soutenu par Vivre Ensemble qui a reçu l’aide financière des notaires qui ont participé, en 2014, aux 20km de Bruxelles.

Ce mercredi matin, ils sont dix autour de la table pour organiser la préparation des « paniers » qui seront distribués le lendemain après-midi aux familles dont s’occupe, depuis 20 ans, La Rochelle, à Roux, une entité de la grande banlieue de Charleroi. « Aujourd’hui, l’élément central est le poireau. Avant ça, on a vécu au rythme des carottes pendant un mois et demi, sourit Bernadette Vanhaekendover, présidente de La Rochelle et animatrice bénévole. Et nous avons justement trouvé une recette de lasagne aux poireaux publiée par une chaîne de grande distribution. On va la mettre dans les paniers ».

En ce mois de février, les fruits et les légumes distribués proviennent des dons des grandes surfaces locales mais, une fois le printemps venu, les produits du jardin collectif et communautaire vont les remplacer. C’est ce jardin qui a bénéficié de l’argent récolté l’an dernier lors des 20km de Bruxelles par la Fédération Belge des Notaires en partenariat avec Vivre Ensemble, qui soutient des projets concrets de lutte contre la pauvreté à Bruxelles et en Wallonie.

Un processus actif d’intégration sociale
L’idée de ce jardin est née il y a une dizaine d’années lorsque des membres de La Rochelle sont allés au Brésil visiter les initiatives d’associations comme la leur. Ils y découvrent les jardins potagers organisés par les habitants pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Ils en parlent à leur retour et le projet est adopté car il correspond bien à la manière de fonctionner de l’association. « Nous travaillons avec les familles en difficulté et notre philosophie est d’agir pour, par et avec les familles, explique Claudio Marini, le coordinateur communautaire de La Rochelle. L’association organise une banque alimentaire qui fournit des produits alimentaires en urgence mais nous essayons autant que possible de faire passer les personnes de l’aide d’urgence à la coopérative ».

L’idée n’est donc pas tellement de distribuer des colis alimentaires mais plutôt d’impliquer les demandeurs dans un processus actif d’intégration sociale. « L’association n’est pas dans une optique d’aide, souvent passive, poursuit Claudio Marini. Notre action vise plutôt à ce que les bénéficiaires s’approprient les services et se rendent utiles, aux autres et à eux-mêmes. Nous travaillons aussi sur l’augmentation de la confiance en eux des bénéficiaires. Nous organisons des ateliers d’échanges de savoirs et de remise en projet des personnes ».

Le fonctionnement du jardin reflète ces objectifs. Le travail est résolument collectif. La culture, le ramassage, le nettoyage des légumes et la confection des paniers se font en commun. Chaque semaine, les coopérateurs « actifs » se réunissent pour prendre les décisions relatives à la gestion du jardin mais tous les coopérateurs « passifs » (ceux qui cotisent mais ne s’impliquent pas dans les activités) peuvent venir y présenter une critique ou une suggestion.

Cap sur la permaculture
Une partie de la récolte va aux personnes qui cultivent et le reste est donné à la coopérative d’achats communautaires. Concrètement, chaque coopérateur achète, en début de mois, des points qui lui permettent d’acquérir les paniers à environ 5 € pour l’équivalent de trois repas par semaine. Dans le panier, ils trouveront à la fois des fruits et légumes mais également des recettes et des ingrédients nécessaires à leur préparation. « En toile de fond du projet, il y a également un objectif diététique, souligne Bernadette Vanhaekendover. Nous voulons que ces familles souvent très précarisées (re)prennent conscience de l’utilité de consommer des légumes de saison, de réapprendre à les préparer ».

Depuis ses débuts, le projet du jardin a beaucoup évolué. Le jardin a été créé sur un terrain de foot inutilisé et, pendant plusieurs années, les petites parcelles cultivées voisinaient avec une grande pelouse dédiée aux jeux dans une formule qui se révélait moyennement satisfaisante car la culture de toute la zone aurait exigé trop d’investissement humain.

L’idée de se lancer dans la permaculture s’est alors imposée. Ce concept fait coexister des écosystèmes productifs en nourriture avec des espaces plus sauvages. Vivre Ensemble finance alors l’évolution du jardin qui abrite aujourd’hui non seulement les parcelles cultivées mais également des serres et, grâce à la mobilisation des notaires aux 20km de Bruxelles, un verger planté d’un mix de 24 arbres fruitiers (pommes, poires, cerises, prunes,…).

L’aide financière a également servi à aménager, à côté du terrain, une cuisine mise aux normes de l’AFSCA qui permettra de transformer les produits en pâtisseries, pizzas et autres confitures. « Cette cuisine va réellement nous faciliter la vie, remarque Françoise, l’une des coopératrices actives de la Rochelle. Dorénavant, nous n’allons plus être obligés de transporter tous les produits jusqu’à l’association. Nous pourrons les nettoyer et les préparer sur place ».

Plus d’infos sur: http://www.vivre-ensemble.be/La-Rochelle-1069


Texte: Carine Vassart
Photos: K-pture.com

 

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