« J’ai hâte de poursuivre ma carrière en tant que notaire, surtout depuis que j’ai réussi le concours »

À Court-Saint-Etienne, je rencontre Benoît, un jeune candidat-notaire qui a rejoint la profession par hasard. Diplôme de droit en poche, il se voyait plutôt faire carrière dans la fiscalité ou la consultance avant de déchanter, suite aux échos de certains amis actifs dans ces secteurs. Un coup de pouce du destin le conduit en 1999 dans une étude. Depuis lors, il n’a plus jamais quitté le notariat…

Ce jeune futur notaire est encore surpris de la tournure prise par sa carrière professionnelle. C’est tout à fait par hasard qu’il a un jour atterri dans le notariat pour finalement ne plus jamais le quitter.

Benoît avait bien un grand-père clerc de notaire dans le centre – Hainaut. Entre 1943 et 1950, trois études se retrouvent sans notaire, partis à la guerre. Le clerc, prisonnier de guerre et libéré dès 1941 d’un stalag suite à une blessure, se voit à son retour alors désigné pour officier dans les trois études en question. Peut-être que cette histoire a poussé Benoit à se lancer dans le droit. Il se destine toutefois à la fiscalité et rêve de rejoindre un grand cabinet de consultance.

C’était sans compter l’intervention du destin. Son diplôme en poche, il ne se met pas immédiatement à la recherche d’un emploi. Rapidement, de mauvais échos lui reviennent de ses anciens copains de fac qui travaillent dans la finance. Il se rend compte que ce milieu n’est pas fait pour lui et qu’il risque de se faire bouffer.

J’ai alors décidé de postuler ailleurs. Le notaire G.Indekeu était à la recherche d’un juriste spécialisé en fiscalité pour son étude et je me suis présenté début 1999. Depuis, je n’ai plus quitté le notariat. Poussé par un ancien collègue devenu entre-temps notaire à Dinant (Baudouin Delcommune) , J’ai décidé après 6 ans de reprendre les études et de passer ma licence en notariat (2005) tout en continuant à travailler, et combiner une vie de famille avec deux petits enfants, Nicolas (né en 2004) , et Clara née en 2006.

Ce fut une période difficile et épuisante mais finalement payante : après beaucoup de travail et de persévérance en 2013, je réussissais le concours.

Cela fait maintenant un peu plus de  6 ans que je travaille avec Yves Somville ici à Court-Saint-Etienne et nous avons le projet de nous associer dès que cela sera possible. Nous allons agrandir et entièrement rénover l’étude. Impossible actuellement pour deux notaires de s’installer dans cette ancienne étude exiguë et marquée par les années.

Nous avons tous hâte de pouvoir travailler dans des bureaux rénovés, rafraîchis, modernes et au goût du jour. Je suis sûr que les autres collaborateurs ne me contrediront pas. Il me semble également important qu’ils soient associés dans le processus d’évolution de leur environnement afin qu’ils s’y sentent comme des poissons dans l’eau

Yves et moi avons déjà quelques idées. Nous allons bien entendu faire appel à un professionnel (architecte d’intérieur) pour mettre tout cela en musique. A chacun son métier. Pour ma part, j’ai hâte de poursuivre le mien en tant que notaire, surtout depuis que j’ai réussi le concours. Je peux vous assurer que le parcours n’a pas été une promenade de santé, au sens propre et figuré. C’est d’ailleurs durant cette période que la mère de mes enfants  et moi nous nous sommes séparés.

Mes enfants sont extrêmement fiers de ma réussite et heureux de pouvoir passer désormais un peu plus de temps avec leur papa. Si ma charge de travail est toujours très élevée, j’ai décidé de me consacrer davantage à ma famille et à mes loisirs. Le fait de pouvoir travailler en association permettra sans aucun doute de s’aménager plus d’ espaces de libertés. C’est une évolution générale de notre société, et j’ai constaté que la nouvelle génération ne veut plus sacrifier sa vie sociale au profit du travail.

Pour ma part, j’ai besoin de faire du sport. C’est vital pour mon équilibre mental et physique. Ce n’est que de cette manière que je peux totalement libérer mes pensées du travail. Lorsque je joue au foot, je suis totalement ailleurs. De plus, c’est via l’équipe nationale de foot du notariat que j’ai retrouvé é Yves Somville. C’est grâce à lui que j’ai intégré l’équipe de foot des vétérans d’Ottignies. Nous jouons tous les vendredis soir des matchs amicaux. C’est notre soupape à nous. Les joueurs viennent des tous les horizons et de tous les milieux. Au fil du temps, nous sommes devenus une vraie bande de copains et souvent, la troisième mi-temps se termine aux petites heures.

Je joue également le samedi après midi dans le championnat ABSA à Tourinnes-Saint-Lambert. Là, ce sont des compétitions. Notre équipe est fort bien classée en première division vétérans où le niveau est assez élevé. Je pratique également de l’escalade avec plusieurs amis au Blocry à Louvain-la-Neuve ainsi qu’en extérieur. Ainsi, il y a deux ans, je suis parti fêter mon anniversaire à Chamonix , faire l’ascension de l’aiguille du Midi (via l’arrête des Cosmiques) avec Olivier Grégoire, candidat-notaire chez le Notaire Gille France, à Gilly, et Delphine Cogneau, Notaire associé à Wavre, deux très bons amis. Une expérience incroyable. Yves de son côté à presque réussi l’ascension du Mont-Blanc l’année suivante, arrêté à quelques centaines de mètres du sommet par des conditions climatiques dantesques.Nous pratiquons également régulièrement le VTT dans tout le Brabant Wallon. Une autre manière de se libérer l’esprit tout en apprenant à bien connaître sa région.

Et puis, j’ai la garde alternée des mes enfants. Mon ex-compagne  et moi nous nous sommes organisés au mieux dans leur intérêt. Cela a été notre priorité dès le départ et malgré notre séparation, nous sommes restés  en très bons termes.

L’avenir semble sourire à Benoit. Il est prêt à relever les défis qui se présentent à lui. Mener de concert se vie de père célibataire et de notaire.

Le notariat est un métier passionnant mais de plus en plus exigeant en raison de la législation toujours plus complexe et changeante , de la régionalisation et de la mise en place des nouvelles obligations imposées au notariat suite aux réformes de l’Administration . Grâce … ou à cause des nouvelles technologies, le citoyen est également de mieux en mieux informé et plus exigeant. Notre seule connaissance juridique ne suffit plus.

Les outils dont nous disposons grâce aux institutions notariales nous aident heureusement dans nos tâches. Les nouvelles générations ont bien compris que l’informatisation est essentielle dans notre profession. Depuis 10-15 ans, on a réussi à se moderniser, à s’inscrire dans notre époque et même à faire figure de pionniers. Il faut continuer sous peine de se faire dépasser par les autres. Cela nécessite bien entendu des efforts pour se tenir à jour dans tous les domaines. Voilà le plus grand défi dans les années à venir.

A la maison, je dois aussi veiller à ne pas me faire dépasser par mes enfants. A rester un père moderne, jeune et sportif et attentif à leur besoin propre. Là encore, je pense ne pas devoir ménager mes efforts. J’espère qu’ils continueront à s’épanouir et à être fiers de leur papa… en pleine forme physique et morale.


Texte: Isabelle Van Lint – Foto’s: Bart Azare

 

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