Les rênes de la présidence de la FRNB passent de Lorette Rousseau à Erik Van Tricht

C’est au cours de l’assemblée générale de la FRNB le 16 juin dernier qu’Erik Van Tricht a succédé à Lorette Rousseau à la présidence de la Fédération.

Il y avait beaucoup d’animation dans les locaux de Credoc où se déroulait la réception, d’adieu pour l’une, d’entrée en fonction pour l’autre. De nombreuses personnalités du notariat étaient présentes pour saluer le travail de Lorette Rousseau et souhaiter la bienvenue à Erik Van Tricht.

Erik Van Tricht et Lorette Rousseau

Le ministre de la Justice Koen Geens a ouvert les discours en faisant l’éloge des 2 présidents. Plusieurs défis ont émaillé la présidence de Lorette Rousseau, par exemple, l’assujettissement des notaires à la TVA ou le début de l’ère de l’eRegistration. De grands changements pour le notariat et un mandat enrichissant à plus d’un titre pour Lorette Rousseau. Le ministre n’a pas caché le fait qu’ils avaient étroitement collaboré – d’abord comme ministre des Finances et ensuite comme ministre de la Justice. Il a ainsi pu témoigner de son implication constante, de son écoute et de ses capacités de médiation.

Lorette Rousseau a clairement défini son territoire dans le monde du notariat – ce dont elle peut être fière, en tant que première femme présidente. Et pourtant, c’était loin d’être évident. En matière d’égalité des genres, le notariat a gardé une position très conservatrice. Dans son speech, la présidente – devenue entretemps présidente d’honneur – est revenue sur la place de la femme dans le notariat grâce à 2 anecdotes…

« Est-ce juste ? Est-ce bien ?

Le parfait notaire ne se conçoit pas sans le sens des affaires, sans une certaine gravité d’attitude, de la pondération dans le jugement, et une prudente sagesse dans le conseil et la décision. Est-ce à dire que la femme soit dépourvue de ces qualités ? Loin de là. Il reste que le notaire détient une parcelle de l’autorité publique, tant par l’authenticité qu’il donne aux actes de son ministère, que par la formule exécutoire dont il les revêt. Mais cette double délégation n’est pas en soi incompatible avec la nature de la femme.

Donc, en théorie, l’exclusion absolue ne se justifie pas. Si nous descendons dans la pratique, la question change de face. Le rôle social de la femme n’est pas et ne saurait être de marcher en tout et toujours à l’égal de l’homme. Sa constitution physique s’y oppose souvent, sa mentalité différente le lui conseille dans bien des cas, pour son propre intérêt.

On peut envisager des circonstances où il serait utile que le notariat soit accessible à la femme. S’il s’agit, par exemple, d’une petite étude de campagne, impossible à supprimer. Mais dans la plupart des cas, et surtout pour les études importantes, quand une responsabilité considérable pèse sur une tête dirigeante, quand il s’agit d’avoir un grand esprit de suite et de réflexion, il faut maintenir que l’homme s’impose et s’imposera toujours.

Et de conclure : la femme n’a rien à gagner, mais tout à perdre, à descendre de son piédestal pour se mêler à une lutte, la lutte des intérêts, qui blesse bien souvent et tue quelquefois ».

En 1948, le sénateur Ciselet a introduit une nouvelle tentative pour que les femmes puissent être nommées notaires. À l’époque, ce projet de loi n’a d’ailleurs reçu que peu de soutien de la FRNB. Sa réaction était concise et claire : « La place de la femme est avant tout à son foyer ». Mais 2 ans plus tard, le 15 mars 1950, le notariat féminin est devenu une réalité et voilà que le vent aussi avait tourné à la Fédération. Le président d’alors s’est déclaré enthousiaste à l’idée d’accueillir des confrères féminines, ajoutant même : « Un jour viendra peut-être où une femme sera élue présidente d’une chambre, ou sait-on jamais, présidente de la Fédération ! ».

Celui qui persévère gagne ! Cela aura pris 62 ans mais Lorette Rousseau restera dans l’histoire de  la Fédération comme première présidentE ! Son mandat était bien rempli et elle a prouvé qu’elle pouvait le mener à bien. Aucun homme n’aurait fait mieux.

À la fin, le ministre a confirmé son entière confiance en Erik Van Tricht, qui reprend le flambeau avec enthousiasme et motivation. Nous lui souhaitons d’ores et déjà beaucoup de succès.


Texte: Delphine Brandhof – Photo’s: Denis Erroyaux

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